jeudi 18 décembre 2014

Qui a gagné le tirage au sort du coffret d'échantillons Mugler Les Exceptions ?


Merci à tous les participants de ce tirage au sort, d’abord de s’être inscrits, ensuite d’avoir souvent accompagné leurs commentaires de mots gentils… Merci aussi à Thierry Mugler Parfum d’avoir fourni le coffret d’échantillons !

La méthode de ce tirage au sort est assez complexe, puisqu’il s’agit de convaincre ma siamoise, Jicky, de mettre la patte sur un papier où s’inscrit le nom du gagnant… donc d’attendre qu'elle ait terminé sa 17ème sieste et soit d’humeur folâtre.




Ci-dessus, la preuve photographique de la méthode en question… Et ci-dessous, à l'issue du processus de sélection, le nom de la personne qui remporte un coffret d’échantillons de la collection « Mugler Les Exceptions »:

Annie Pachot


Merci de m’écrire à graindemusc at gmail point com pour me donner votre nom et votre adresse.

N'oubliez pas que Thierry Mugler Parfum offre aux lecteurs de Grain de Musc 10€ de réduction pour l'achat d'une Exception. Il vous suffit de vous rendre sur www.mugler.fr et d'entrer le code GDEMUSC.

Veuillez noter qu’il s’agit d’une offre non cumulable, valable une fois par client et exclusivement sur www.mugler.fr  pour des livraisons en France métropolitaine, du 1er décembre 2014 au 1er janvier 2015 inclus.


lundi 15 décembre 2014

Serge Lutens' L'Incendiaire sets Rome ablaze

Why did I take a mini of L’Incendiaire along with me in Rome? Perhaps its name, “The Firestarter” made me think of Emperor Nero, accused of having caused the great fire that ravaged Rome in 64 A.D. -- in interviews, Serge Lutens has stated that he would like to set fire to everything that holds him prisoner. Or perhaps it conjured the dark, oily potions concocted by the unguentarii or incense blends mixed by the thurarii for the scent-crazed citizens of the Roman Empire….

Certainly, L’Incendiaire could’ve been scraped off the bottom of the incense burners that have been smoldering for centuries in the Eternal City. Brooding, charred leather and woods, sticky with sizzling resins and incense tears, oozing the caramelized jam of an imperial purple plum. A honeyed glaze of roses.  A haze of musk exhaled by the panther of Bacchus.  

The new collection L’Incendiaire inaugurates, Section d’Or (a reference to the Golden Ratio studied by mathematicians and artists since antiquity) alludes to this desire to break away: “to section” meant “to cut”, “to sever”… And certainly the price of L’Incendiaire, which Serge Lutens claims was seven years in the making and which is now his personal fragrance, will cut it off from many perfume lovers. But then, even back in the Roman Empire, there were grumblings about the high cost of fragrance. In his Natural History, Pliny the Elder writes:

 “These perfumes form the objects of a luxury which may be looked upon as being the most superfluous of any, for pearls and jewels, after all, do pass to a man's representative, and garments have some durability; but unguents lose their odour in an instant, and die away the very hour they are used. (…) In price they exceed so large a sum even as four hundred denarii per pound: so vast is the amount that is paid for a luxury made not for our own enjoyment, but for that of others; for the person who carries the perfume about him is not the one, after all, that smells it.”

It was wrapped in the archaic wafts of L’Incendiaire that I wandered from the ruins of the shrine of Isis, near my friends’ apartment, to the Galleria Borghese where we twirled around the Berninis, and then to bask in the golden light of the Byzantine mosaics in Santa Maria del Trastevere.

L’Incendiaire trailed along with me as I spent an hour contemplating the imaginary garden of Empress Livia, the wife of Augustus. The frescoes were lifted from the triniclium of her villa – an underground dining room used in the heat of summer – into the Palazzo Massimo alle Terme, which houses the National Museum of Rome. The plants represented are usually linked to myths, and many of them were used in ancient perfumery – rose, violet, iris, myrtle, laurel… These are the images that illustrate the post, linked with L’Incendiaire for no other reason than the fact I was wearing it as I evoked the ghosts of Ancient Rome.



Potion de Néron... L'Incendiaire de Serge Lutens met le feu à Rome




Pourquoi ai-je emporté avec moi une miniature de L’Incendiaire lors de mon voyage à Rome ? Peut-être à cause de son nom, qui évoque l’empereur Néron accusé d’avoir allumé le grand incendie de Rome en l’an 64 de notre ère – dans un passionnant entretien accordé au quotidien suisse Le Temps, Serge Lutens déclare : « L’idée de brûler quelque chose c’est «suicider» une partie de soi-même. J’ai envie de faire table rase. Mais peut-on brûler le passé, le réduire en cendres? Tout brûler peut-être? Et puis partir, me sauver avec un petit sac, des cahiers… Me sauver même de ma maison au Maroc, de tout ce que j’ai construit. Car au fond, tout cela m’emprisonne. L’Incendiaire c’est cela. C’est quelqu’un qui veut se sauver, qui n’en peut plus, qui étouffe dans ce qu’il a. »

Ou alors, c’est parce que ce parfum archaïque m’évoquait les potions sombres et huileuses concoctées par les unguentarii ou les mélanges d’encens proposés par les thurarii aux citoyens d’un Empire romain enivrés de parfums jusqu’à l’extravagance…

L’Incendiaire, c’est ce que l’on gratte au fond de l’un de ces brûle-encens qui fument depuis des siècles sur les autels de la Ville Éternelle. La trace d’un sacrifice, cuirs et bois carbonisés, englués de résines crépitantes et de larmes d’encens, suitant la confiture caramélisée de prunes couleur de pourpre impériale. Un glacis miellé de roses. Une brume de muscs exhalés par la panthère de Bacchus…

Le nom de la nouvelle collection inaugurée par L’Incendiaire, la Section d’Or (une référence aux recherches des mathématiciens et des artistes sur le Nombre d’Or depuis l’antiquité), comporte une allusion à cette rupture désirée par Serge Lutens – « sectionner », c’est trancher. Rupture qui ne relève pas de l’olfactif puisque ce nouveau parfum reste imprégné de son vocabulaire. Mais rupture, certainement, avec une bonne part des amoureux du parfum puisque L’Incendiaire accuse une flambée des prix (450€) assez clivante… Rareté, cherté des ingrédients, présentation luxueuse dans un écrin tendu de tissu japonais : cette potion désormais adoptée par le maestro en personne, qui aurait mis sept ans à la créer, aurait fait hurler Pline l’Ancien qui déjà, dans son Histoire Naturelle, se plaignait du prix des parfums.

« Les parfums sont l'objet d'un luxe le plus inutile de tous. En effet, les perles et les pierres précieuses passent à l'héritier, les étoffes durent un certain temps; mais les parfums exhalent immédiatement l'odeur; et l'heure où on les porte les a dissipés (…) Ils se vendent plus de 40 deniers la livre. Voilà ce que coûte le plaisir d'autrui ; car celui qui porte une odeur ne la sent pas lui-même. »

C’est pourtant enveloppée dans ce sillage hors de prix et hors d’âge que j’ai erré des ruines du temple d’Isis, près de l’appartement de mes amis, jusqu’à la Galerie Borghèse où nous avons tournoyé autour des statues du Bernin, avant de baigner dans la lueur dorée des mosaïques byzantines de Santa Maria del Trastevere…

L’Incendiaire m’a suivie dans le jardin imaginaire de l’impératrice Livie, épouse d’Auguste. Les fresques du triniclium de la Villa Livia, salle à manger souterraine utilisée en temps de canicule, sont désormais exposées dans le Palazzo Massimo alle Terme, l’un des bâtiments du Musée National de Rome. Ces images oniriques de plantes liées aux mythes et aux parfums antiques – rose, violette, iris, myrte, laurier – ne se rattachent à L’Incendiaire que par cette anecdote. Mais j’ai eu envie d’en partager certaines, parce que pour moi, ce parfum pyromane est désormais romain…