lundi 1 septembre 2014

Wonderoud by Antoine Maisondieu for Comme des Garçons: Oud goes West

Christian Astuguevieille is the first to admit it: he winced when he was asked to come up with an oud by the Spanish group Puig, which owns the license of Comme des Garçons Parfums (as well as Nina Ricci and Paco Rabanne). Hopping into a bandwagon more crowded that the Tokyo subway at rush hour isn’t quite the style of the trailblazing brand.  It was in fact in Bertrand Duchaufour’s Sequoia of Series 2: Red that the oud note was introduced in modern Western perfumery in 2001, rather than in the 2002 M7.

Nevertheless, Puig insisted. So Astuguevieille and Givaudan perfumer Antoine Maisondieu started tweaking the structure of Antoine Lie’s Wonderwood… without a drop of oud. Nope, we need the real stuff, Puig persisted. “We were bad students”, Astuguevieille explains. “We kept our different elements and added oud”.

As most of you know by now, very few Western scents featuring the note actually contain it: not only because oud is expensive, but because it is not yet produced in batches of consistent quality, and in sufficient quantities, to clear the various regulatory hurdles and to be added to the catalogs of oil houses. But it just so happened that Givaudan had access to a cultivated quality from Indonesia. So in went enough of the stuff to truly justify the name.

So far, so oud, right? Except that all of the above isn’t insider information: it was the pitch Christian Astuguevieille gave at the press presentation. That’s what made the event so Comme des Garçons-ish: after all, Rei Kawakubo has often worked on displaying the structure of garments, “accidental” forms and mishaps. Presenting a fragrance inside-out with the stitches showing is well in the spirit of the house.

According to Antoine Maisondieu, the effect of oud on a formula is closer to spices than to an animal material like civet, which is more rounded. In Wonderoud, he enhanced the woodiness of Wonderwood even further, and boosted it with ambery woody notes (the infamous spiky woods), blended in such out way that the spikes don’t stick out.

And they don’t. As a result, Wonderoud’s angular block of wood with its intricate marquetry of notes more usually found at the bottom of the olfactory pyramid is hugely radiant. It is much easier on the sandalwood than its template but stronger on the vetiver – whose flinty, salty, faintly grapefruity facets are legible throughout, so that this is practically a vetiver theme. Patchouli, guaiac, cedar and the cedar-smelling Australian sandalwood add smoky, honey-tobacco and bitter effects.

Staunchly refusing to give in to Middle-Eastern folklore by pairing it off with rose or musk, Astuguevieille and Maisondieu ease oud into the perfumer’s palette as a material rather than a cultural marker. In doing so, they turn the brief inside out, just as the artistic director of CdG Parfums turned the press presentation into a gently ironic display of the marketing process.



Top illustration: Baitogogo by Brazilian artist Henrique Oliveira at the Palais de Tokyo (Paris).

Wonderoud d'Antoine Maisondieu pour Comme des Garçons : l'agar sans l'Orient

Christian Astuguevieille est le premier à l’admettre : il a tiqué lorsque le groupe Puig, détenteur de la licence Comme des Garçons Parfums (tout comme de Nina Ricci et Paco Rabanne) lui a demandé un oud. Prendre en marche un train plus bondé que le métro de Tokyo aux heures pince-fesses ? Pas le genre d’une maison qui a d’ailleurs dès 2001 -- soit un an avant le M7 d’YSL, généralement donné comme pionnier en la matière – introduit la note oud en parfumerie occidentale avec le Séquoia de Bertrand Duchaufour pour la Series 2 : Red.

Puig tenant tout de même beaucoup au produit, le directeur artistique de CdG Parfums et Antoine Maisondieu (Givaudan) se sont exécutés, en partant de la structure du Wonderwood d’Antoine Lie. Mais sans ajouter une goutte de oud. Nenni, insista Puig, il nous faut du oud. « On a été mauvais élèves », admet Christian Astuguevieille. « On a gardé nos différents éléments et on a ajouté du oud. » 

La plupart des parfums revendiquant la note ne contiennent pas l’ingrédient, non seulement parce qu’il vaut « le prix de l’or » (comme s’empressent de préciser tous les dossiers de presse), mais parce qu’il est difficile d’en obtenir des quantités suffisantes, d’une qualité assez constante, pour que les maisons de compositions puissent assurer sa conformité réglementaire et le faire figurer à leurs catalogues. Givaudan avait néanmoins accès à un oud issu d’arbres cultivés en Indonésie. Dont acte : Wonderoud a les moyens de sa nomenclature.

So far, so oud… Sauf que les propos ci-dessus ne sont pas issus de confidences soufflés en off, mais ceux, tout à fait officiels, tenus par Christian Astuguevieille lors du lancement au Palais de Tokyo. Façon de retourner ce brief imposé en en montrant les coutures – ce qui est, pour le coup, assez dans le style d’une maison qui n’hésite pas à exhiber, dans la mode ou dans l’olfactif, ce que la plupart des autres s’ingénient à raboter.

Selon Antoine Maisondieu, le oud amène dans une formule ce que des épices peuvent amener ; certes cuiré et animalisé, avec des relents amers, il n’a pas la rondeur d’une civette, par exemple. Dans Wonderoud, la structure boisée de Wonderwood, accentuée et « encore plus moderne », est boostée par des notes ambrées boisées (les fameux « bois qui piquent »), intégrés de façon à ne pas « dépasser sur la peau ».

Résultat : ça ne râpe pas. Ce bloc de bois anguleux, marqueté de notes planquées en général plutôt dans les tréfonds de la pyramide olfactive, irradie comme la forêt de Tchernobyl. Moins santalé que son modèle, mais plus touffu de vétiver – dont les effets silex, salés, pamplemousse sont lisibles en tête-cœur-fond – Wonderoud pourrait tout aussi bien revendiquer le rhizome comme thème. Patchouli, bois de gaïac, cèdre et santal australien  ajoutent des facettes crayon taillé et miel-tabac-fumée.

Refusant résolument de céder aux poncifs moyen-orientaux en collant une rose ou un musc à leur oud, Astuguevieille et Maisondieu l’intègrent à leur palette en ingrédient de parfumerie plutôt qu’en marqueur culturel.



samedi 30 août 2014

Rendez-vous aux Rives de la Beauté 2014, du 17 au 21 septembre à Paris

Itinéraire géographique autant qu’intellectuel et esthétique entre les arts et le monde de la beauté en général, du parfum en particulier, les Rives de la Beauté reviennent pour une nouvelle édition à Paris, du 17 au 21 septembre.

Tous les événements sont ouverts au public, certains sur réservation. À noter, la Soirée Nocturne au Marais du jeudi 18 septembre : une vingtaine de lieux, de boutiques et d'événements vous accueillent pour une soirée de shopping et d'expériences parfum et beauté ‘late night’.

De nombreuses expositions, conférences, présentations et rencontres sont prévues tout au long de ces quatre jours, trop nombreuses à être dignes d’intérêt pour être énumérées...